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Société

Pénurie d’eau : Après la marche spontanée, un sit-in devant la SDE, la Préfecture et la Gouvernance de Tambacounda

9/05/2019
Maké

Correspondance particulière de Alpha SOW

Ce jeudi 09 mai 2019, les habitants des quartiers Plateau et Hafia de la commune de Tambacounda sont sortis marcher de façon spontanée, en raison des problèmes qu’elles rencontrent.

C’est sous un soleil de plomb de 42° que les habitants de ces quartiers se sont mobilisés de façon spontanée pour se faire entendre par les autorités administratives ainsi que la Direction régionale de la SDE de Tambacounda. Leur cri de cœur demeure le même : « Nous avons soif, nous voulons de l’eau » scandent-ils.

L’eau, ce liquide précieux est, en effet, devenue une denrée rare aux niveaux des quartiers Plateau et Hafia. Les populations fustigent les communiqués parfois très tardifs de la SDE pour informer de certaines coupures. Ils entendent faire de ce premier cri, un projet de lutte citoyenne pour plus de considération.

Un problème d’eau très latent

Le problème d’accès à l’eau au quartier Plateau ainsi qu’une bonne partie d’Hafia ne daterait pas d’aujourd’hui. Des témoins affirment que leurs habitations n’ont jamais eu un débit satisfaisant depuis leur installation dans ce quartier il y a de cela 7 (sept) ans.

Pendant toutes ces années, le liquide précieux coule des robinets à partir de 04h à 05h du matin, obligeant les habitants à se lever pour constituer des réserves pour une durée très déterminée.

Face à ce problème, des habitants se sont très bien organisés, mettant en place même un monitoring sur l’heure d’arrivée et de coupure d’eau. Le consta est sans équivoque : il y a bel et bien un manque sérieux d’eau dans cette zone.

Certains foyers nantis ont préféré investir sur des « minis forages », d’autres ont investi sur des surpresseurs avec des réservoirs d’eau. Ces équipements coutent minimum quatre cent mille (400 000) francs Cfa. Ce n’est donc pas donné à tout le monde. Les foyers modestes disposant d’un puits investissent sur des pompes immergées valant deux cent mille (200 000) francs Cfa.

Les autres peuvent se rabattre sur des charrettes d’eau en provenance des quartiers voisins (par exemple Pont). Les plus pauvres peuvent se contenter de la volonté divine pour un jour sortir de cette situation.

« C’est à croire que nous vivons dans un camp de refugiés », confie un habitant. « Jamais je n’aurais imaginé que la région la plus chaude du Sénégal, et en plein mois de ramadan, manquerait d’eau », poursuit-il.

Des alertes administratives en vain

Face à ce problème, quelques habitants des quartiers ont saisi directement le Directeur régional de la SDE pour mieux comprendre ce problème de distribution d’eau. Ce dernier, après avoir pointé du doigt l’infrastructure de la SONES, confirme qu’un projet serait en attente d’exécution pour résoudre cette grosse anomalie dans la distribution de l’eau.

Face à la demande des habitants de disposer des citernes d’eau de façon « exceptionnelle », vu que les coupures s’étalent à peu près sur 23h, la Direction régionale de la SDE affirme qu’elle n’en dispose pas. « La citerne habituellement utilisée appartient aux services de l’hydraulique. Et la procédure de mise à disposition de citerne concerne uniquement les coupures de 24h ».

Le Préfet a été alerté à travers une correspondance écrite du 19 avril 2019. La Gouvernance avait également été saisie à la même date pour sensibiliser sur le problème, et essayer de trouver ensemble des solutions. Mais, le problème persiste, tant les réactions sont très lentes.

Un combat citoyen à mener

Face à ces manquements dans la distribution d’eau, les populations ont décidé de bien s’organiser, en usant de toutes les dispositions légales que leur offre la Constitution pour mener ce combat : marches, sorties médiatiques, sensibilisation à grande échelle. Après la marché spontanée de ce jeudi 09 mai, les populations envisagent d’organiser des sit-in, devant la SDE, la Préfecture et la Gouvernance de Tambacounda.

Les populations sont bien déterminées à renforcer leur association déjà existante, lister tous leurs maux (manque d’eau, absence d’éclairage public, insécurité, déficit assainissements… ) et mener un plan d’action avec le soutien de la diaspora du quartier pour inviter les autorités à trouver une solution définitive.

Cette initiative sera également portée dans d’autres quartiers de la commune pour mettre en place une Fédération des associations des quartiers de la commune de Tambacounda pour défendre ensemble les maux des populations de façon agrégée.

En effet, pour l’assainissement par exemple, des populations de plusieurs quartiers ne comprennent toujours pas comment les choix ont été faits dans le cadre du Promovilles.

A l’orée des prochaines échéances locales, les habitants sont bien déterminés à faire un vote sanction pour se faire entendre. A bon entendeur… !

Source :alkuma.info

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