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Mamaké Kuma

Note de l’éditeur : L’audace de poursuivre un rêve..., par Maké DANGNOKHO

25/02/2020
Maké

Le chemin a été long et ce qui reste à parcourir est loin d’être proche. Un groupe de presse régional s’est frayé un chemin dans un milieu, jugé par certains, défavorable. Investir dans la presse à Tambacounda voire au Sénégal Oriental serait périlleux. Les raisons avancées pour étayer cet argument pourraient être fondées.

La publicité est une denrée rare au Sénégal Oriental. Le taux d’alphabétisme reste peu élevé pour promouvoir des supports de communication comme un mensuel ou un portail web (alkuma.info) d’informations générales. Comment rentabiliser un investissement sur des produits qui n’intéressent qu’environ 10% de la population ? Ca donne l’image de ce paysan qui choisit de semer des graines dans un désert.

Cependant, avec en bandoulière la foi, le sérieux dans le travail, l’abnégation, la patience, la confiance en soi, le professionnalisme, le fils de paysan devenu un chef d’entreprise a décidé de foncer avec le risque de se casser la figure et retourner dans les pairies dorées et succulentes de la capitale sénégalaise.

Parlons de Dakar et ses beaux immeubles, ses grands restaurants, ses plages, son doux climat, ses boites de nuit, ses luxueux hôtels, ses parcours sportifs, ses nombreuses opportunités où il est plus facile de faire fortune. Combien sont-ils ses cadres originaires de Tambacounda voire du Sénégal Oriental qui ont étudié, travaillé et résident désormais depuis plusieurs décennies à Dakar ? Dans notre secteur d’activité, il se dit qu’il est plus facile de réussir à Dakar que dans les régions périphériques comme Tambacounda.

Contre toute attente, en mars 2013, nous avons choisi le chemin inverse, c’est à dire, quitter la capitale et ses nombreuses opportunités pour venir investir chez nous dans un secteur jadis méconnu par les investisseurs et hommes d’affaires locaux.

L’aventure a démarré au quartier périphérique de Diallobougou avec un mensuel d’informations générales Alkuma. Un mois plus tard, il s’en est suivi un portail web : www.alkuma.info. En 2015, naquit l’idée de mettre en place une radio communautaire.

En avril 2016, nous avons séjourné à Kédougou pendant une semaine avec notre Assistante d’alors, Mlle Aminata Bèye, mon épouse et notre fils ainé pour la phase de collectes du mensuel Alkuma « Spécial Kédougou 24 pages ».
Grâce au soutien du Gouverneur M. William Manel (en poste actuellement à Kaffrine), du Maire M. Mamadou Adji Cissé, de la famille Sall, de l’opératrice économique, Mme Assaitou Aya Ndiaye, de plusieurs projets et programmes, ce projet éditorial a connu un grand succès avec plus de 2 millions Francs Cfa de recettes.

Et voici le témoignage de l’ancien Ambassadeur de la France au Sénégal, Son Excellence, M. Jean Felix Paganon, après avoir lu ce Spécial Kédougou : « J’ai déjà lu ce numéro. Pour dire vrai, ce journal est mieux fait que beaucoup de journaux à Dakar. Et il est écrit dans un français impeccable. Vous êtes en train de faire un excellent travail. Il n’y a que des sujets intéressants dans le journal où on ne parle pas d’une voiture qui renverse un chat (allusion faite aux sujets sensationnels ou faits divers) ».

Quelques semaines plus tard, nous avions sollicité et obtenu une audience auprès du Gouverneur de Tambacounda, M. El hadji Bouya Amar (en poste actuellement à Louga), pour lui parler de ce Journal qu’il a déjà lu.
A l’image du diplomate, l’ancien Chef de l’Exécutif régional de Tambacounda a bien apprécié ce Spécial. Dés lors, nous avons profité de l’occasion pour lui faire savoir que nous nourrissons l’ambition de faire plus et mieux, c’est à dire, réaliser un « Spécial Tambacounda, 32 pages ».

Véritable soldat du développement, intègre et pragmatique, le Gouverneur Amar signa une circulaire pour inciter les projets, programmes, sociétés nationales, Ongs présents dans la région à vulgariser les réalisations du gouvernement. C’était un succès sans commune mesure. Nous avons récolté plus de 3, 5 millions francs Cfa de recettes.

Alors que nous avions reçu, le 13 avril 2016, des mains de l’ancien Directeur de la Communication au ministère de la Culture et de la Communication, M. Alioune Dramé, notre assignation de fréquence, il ne reste qu’à trouver un partenaire financier pour avoir de l’argent et acquérir des équipements de radio. Ce partenaire est le Crédit Mutuel du Sénégal qui a mis à notre disposition un prêt de 4 450 000 F Cfa (Quatre Millions Quatre Cent Cinquante Mille francs Cfa), remboursable sur 36 mois, soit 3 ans.

Et, le 30 décembre 2016, le Gouverneur M. El hadji Bouya Amar a procédé au lancement officiel de la radio Alkuma Fm 107.0. Le 31 janvier 2020, le Groupe Alkuma a fini de rembourser l’intégralité de ce prêt avec les intérêts. Ainsi, la radio Alkuma Fm a été financée à hauteur de 70% par le CMS.

Toujours est-il qu’en 2019, le Groupe Alkuma a cherché et obtenu à la mutuelle Cauris Sénégal, un autre prêt de 2 500 000 F CFA (Deux Millions Cinq Cent Mille francs Cfa), remboursable sur 10 mois pour lancer une régie publicitaire avec un premier réseau de 10 panneaux. A la date du 10 février 2020, ce prêt est remboursé à 90 %.

A cause de la rareté des ressources publicitaires, la diversification s’impose. Une manière de créer plus de richesses et d’emplois. Juste rappeler que nous avions rencontré beaucoup de difficultés financières (plusieurs convocations à la gendarmerie et des procès pour retard de paiement de location ou de dettes avec notre ancien bailleur et des fournisseurs). Sans oublier les coups bas ou peaux de banane de toutes sortes.

Dieu étant toujours au contrôle, nous avons toujours su résister sans jamais trahir notre mission d’informer juste et vrai. Alkuma est un Groupe de presse régional libre et indépendant.

Par ailleurs, notre conviction demeure intact : il est possible de bâtir une entreprise de presse fiable au Sénégal Oriental pour contribuer à désenclaver nos terroirs par la diffusion d’informations qualitatives sur les acteurs territoriaux.

Qu’il me soit permis de remercier toutes les bonnes volontés qui ont soutenu cette jeune entreprise. Il nous faut citer quelques partenaires : le ministère de la Culture et de la Communication, la société minière PMC, Groupe Sonatel Orange, Canal+ Sénégal, CMS, Cauris Sénégal, Ageroute, Arezki, Senelec, SDE, PNUD, PADAER I, P2RS, Région Médicale, District de Santé, Ecobank, Usaid NEEM, CARITAS, CRS, Sodefitex… Mention spéciale au personnel du Groupe Alkuma : journalistes, animateurs, techniciens… !

L’aventure continue en espérant réussir à mettre en place un Grand Groupe de Presse Régional pour mettre le Sénégal Oriental sur les autoroutes du développement, endogène et harmonieux. Faut-il rappeler que l’information est devenue la clé du progrès et de la prospérité.

Aujourd’hui, l’information est un intrant tellement important dans tout processus de développement que des experts souhaitent qu’il soit établi un lien entre le nouvel ordre économique mondial et le nouvel ordre mondial de l’information.

Croyons à nos rêves et battons nous pour les réaliser. En d’autres termes, l’audace de poursuivre un rêve… !

Source:Mensuel Alkuma N°32, paru ce 20 février 2020

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